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< De l’approche du téméraire, et de celle des abattus >



(Traduction : Aimée C. Wittig)

J’aime bien ce que les gens disent à Jésus dans les évangiles.
Il y a les questions perplexes : « Seigneur, cela ne te fait-il donc rien ? » (Luc 10 :40) ; et : « Pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous ? » (Luc 2 :48).
Il y a les déclarations pleines de sens, lourdes encore des années de rejet, de péché, des blessures, des batailles, des cicatrices. Comme par exemple : « Je n’ai pas de mari » (Jean 4 :17), et : « Ma fille est cruellement tourmentée » (Matthieu 15 :22).
Il y a les appels désespérés : « Aie pitié ! » (Matthieu 15 :22) ; et les sanglots déçus : « Si Tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » (Jean 11 :32).
Il y a les ceux qui disent, au milieu de situations franchement délicates : « Ils n’ont plus de vin » (Jean 2 :3), et ceux dont les paroles trahissent la peine et le doute : « Seigneur, il sent déjà, car il est là depuis quatre jours » (Jean 11 :39).

J’aime bien que ces choses qui Lui sont dites soient rapportées.
Ce ne sont pas des déclarations théologiques tranchées et précautionneuses. Elles n’ont pas été traitées de façon systématique – soigneusement empaquetées et présentées avec révérence. Elles sont pleines de vérité, mais pas d’une vérité soignée ni éloignée des réalités de la vie sous le soleil accablant. Quand ils parlent à Jésus, leurs mots sont lourds de ce qu’est vraiment notre expérience humaine. Ils expriment la complexité de l’existence dans un monde brisé – et souvent cruel –. Ils expriment la complexité des circonstances qui brisent sans relâche ceux qui prennent la parole. Ces mots ne sont pas sophistiqués – et souvent ils sont pleins de peur, de confusion, de doute, d’angoisse. Ils sont crus. Ils sont honnêtes. Et ils sont adressés directement à Jésus.

J’aime bien que ce soit de cette façon que ces personnes aillent vers Jésus.

Et j’aime le fait que Jésus l’accepte. Il écoute, et il répond (en son temps, cf. Matthieu 15 !), il ne condamne pas et il ne les rejette pas. Il est compatissant et patient et attentif… et il ne les rejette pas.

Cette semaine ne m’a pas apporté de réponses théologiques claires. Ça a été une semaine davantage caractérisée par la peur et le désespoir que par la paix et l’accomplissement. Ça a été une semaine où, pour aller vers le Seigneur, il m’a fallu aller confuse, frustrée, brisée – et claire sur le fait que je croie qu’Il puisse gérer tout ça.
Parfois nous sommes téméraires quand nous approchons du trône. Cette semaine, pour L’approcher, je ressemblais davantage à la femme décrite dans Marc, chapitre 5 :
« Et la femme, effrayée et tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint et se jeta devant lui, et lui déclara toute la vérité. » (Marc 5 :33)


Et cette semaine, et la Bible le déclare, Jésus a entendu mes appels.

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